Maryse

 Maryse – Tome 1, sorti le 25 août 2016 (roman contemporain)

Sioban a vingt-quatre ans. Elle est libraire, heureuse, indépendante. Elle a une famille aimante, des amis géniaux et un compagnon. Il est d’ailleurs son seul problème. Il aurait été parfait s’il n’était pas parti vivre en Alsace, supposant qu’elle quitterait tout pour le rejoindre.

Maryse quant à elle a environ cinquante ans. Elle est dépressive, alcoolique, instable. Elle n’est devenue que l’ombre d’elle-même. C’était pourtant une belle femme jadis, sensible et intelligente. Elle enseigne le français et l’Histoire dans un collège. Et elle continuera sans doute cette vie si elle ne se fait pas renvoyer avant, à force d’arriver ivre.

Elles n’ont qu’un point commun. Ce collège où Sioban était élève, dix ans plus tôt. Où elles se sont connues le temps d’une année sans plus jamais se revoir.

Jusqu’à ce soir d’octobre où leurs chemins se rencontrent à nouveau. Sioban ne restera pas insensible face au désarroi de cette femme. Et bientôt, leurs liens naissants les entraîneront sur une pente glissante dont aucune ne pourra repartir inchangée. Laquelle sauvera l’autre et surtout, jusqu’où pourront-elles aller avant de ne plus rien contrôler ?

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Maryse – Tome 2, sorti le 26 août 2016 (roman contemporain)

Sioban et Maryse se sont trouvées, retrouvées, dix ans après cette année au collège. Ce collège où Maryse enseignait et enseigne toujours. Ce collège où Sioban fut élève. Il aurait pu être leur unique lien, mais c’était sans compter sur le hasard qui venait de les rassembler.

Les semaines ont filé depuis le soir de leurs retrouvailles, leur relation a évolué, bien plus qu’elles n’auraient pensé. Ce changement est-il une bonne ou une mauvaise chose ? Maryse boit toujours, toujours trop. Pourtant, lentement, elle semble pouvoir retrouver la femme qu’elle était jadis. Sioban, elle, essaye de se convaincre que sa vie n’a pas changé. Mais lorsque votre univers se trouve à ce point bouleversé, pouvez-vous réellement espérer vivre comme par le passé ?

Elles le savent désormais, cette pente glissante, sur laquelle elles se sont engagées, les changera à jamais. Laquelle sauvera l’autre et surtout, jusqu’où pourront-elles aller avant de ne plus rien contrôler ?

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– En quelques mots –

Maryse et Sioban, ce fut deux ans de ma vie. Deux années d’une richesse incroyable sur le plan émotionnel. Je m’attache toujours à mes personnages lorsque j’écris, je ne vois pas vraiment comment faire autrement. J’ai besoin de les aimer pour passer autant de temps avec eux. Pour Maryse toutefois, il s’est passé quelque chose de différent, quelque chose de plus. Je crois bien qu’à un moment, au cœur de la phase d’écriture, je suis tombée amoureuse d’elle. Vraiment. Je me retrouvais à écrire en regrettant que Maryse n’existe pas en vrai. C’était à la fois troublant et exaltant. Cela m’a évidemment aidé lorsqu’il s’agissait de décrire l’attachement de Sioban, mais mettre le point final fut sincèrement douloureux…

Encore aujourd’hui, il arrive que Maryse me manque, c’est une sensation vraiment très étrange…  Je me retrouve parfois à avoir envie d’écrire un troisième tome. Égoïstement, juste pour moi, pour la retrouver un peu…

Quoi qu’il en soit, j’y pense souvent et pour elle, j’ai des rêves démesurés ! Du genre rêver d’une adaptation au cinéma avec Clémentine Célarié ou Fanny Ardant dans le rôle-titre. Bref, des trucs parfaitement réalisables, vous voyez ! (La scène de la harpe serait tellement belle !!!)

Par chance, il y a aussi des aventures plus réalistes : le Salon du Livre de Paris, le Festival du Roman Féminin… Autant d’endroits où je pourrais vous la présenter et, je l’espère, vous la faire aimer autant que moi.

 

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– Extrait –

 

« Je me revoyais au collège, avec ma classe. Un jour de printemps, me semblait-il. Je connaissais déjà Théo à l’époque. Nous n’avions que quelques cours en commun, mais nous avions déjà commencé à sympathiser. C’était une journée ensoleillée. Nous attendions dans le couloir, devant la salle de cours de Madame Embla. Je ne me souvenais plus si elle était en retard ou non, mais quoi qu’il en soit, nous étions là et elle non. Certains élèves s’étaient accoudés aux appuis de fenêtre, ceci leur procurant une vue imprenable sur la cour. Et c’était de là qu’étaient parvenus les premiers gloussements, puis les piaillements et éclats de rire, bien vite accompagnés de « venez voir », presque criés. Je m’étais approchée comme tout le monde, suivant le mouvement, et sous mes yeux était apparue la silhouette de Madame Embla. Visiblement plus ivre que jamais. Elle titubait bien plus qu’elle ne marchait afin de rejoindre l’escalier qui menait à cette salle. Les rires et quolibets fusaient bien plus vite qu’elle n’avançait, s’exposant ainsi longtemps aux regards de la horde agglutinée que nous formions. S’en était ensuite suivie l’épreuve délicate qui consistait à gravir l’escalier. D’où nous étions, nous n’aurions pas pu voir grand-chose une fois qu’elle eut franchi la porte de l’établissement. Mais c’était sans compter sur la réactivé des plus cruels d’entre nous qui s’étaient déjà précipités vers le palier afin d’assister à ce qui allait être, sans nul doute, la scène la plus croustillante de la journée et qui ne manquerait pas d’être le sujet de conversation numéro un dès le prochain interclasse. On dit souvent que les enfants sont cruels entre eux. À me souvenir de cette scène, je pensais plutôt que l’être humain est cruel tout court. Nous, adolescents, de nous moquer ainsi de son état. Mais aussi ce qui devait être l’équipe pédagogique, -car elle avait bien dû croiser quelqu’un en arrivant- qui l’avait laissée se présenter ainsi face aux élèves. Je revis la scène de l’escalier. Elle, cramponnée à la rampe, mais titubant pourtant. Les élèves riant. Personne n’osant faire un geste pour l’aider. La marche qu’elle manqua, la façon dont elle s’étala de tout son long, lâchant son paquet de copies qui s’éparpilla dans les escaliers. Attiré par les couinements hilares, un autre professeur était arrivé sur le palier. Il nous avait renvoyés, sans ménagement, attendre dans notre classe. Je me rappelais toutefois ne pas avoir vu le moindre signe de compassion à l’égard de Madame Embla. Juste du dédain. Un immense dédain, voire dégoût. Nous avions obéi sans pour autant être capables de garder le silence. »

Maryse – Tome 1

 

 

« Jour après jour, je voyais notre relation évoluer : nous devenions plus proches. Nous avions pris l’habitude de communiquer régulièrement. Par téléphone ou par mails. Souvent des banalités… enfin… des banalités pour moi, et pourtant, pour Madame Embla, après ses années d’isolement, c’était tout de même plus que cela. J’avais même osé lui demander comment elle en était arrivée là. Pourquoi elle s’était retrouvée si seule. Elle n’avait pas protesté, ne s’était pas vexée. Elle s’était contentée de me répondre que c’était une longue histoire. « Et tout le monde n’a pas un cœur si généreux que le tien » m’avait-elle précisé. J’avais rosi et apprécié ce compliment comme il se devait. Pourtant, je ne pensais pas qu’elle ait raison. Je ne pensais pas avoir un cœur plus généreux que la moyenne. Mais le hasard avait fait que, ce jour-là, il n’était pas fermé. Que j’avais ressenti comme une étrange alchimie, une attirance inexplicable. Je suis parfois détestable, souvent bornée, occasion­nellement garce. Et je ne voulais pas qu’elle m’idéalise en ne se basant que sur si peu. »

Maryse – Tome 1

 

 

« Nous parlions peu. Préférant apprécier à sa juste valeur le délicieux spectacle des vagues, des étoiles et de la lune presque pleine qui apparaissaient parfois entre deux nuages. Sa voix rompit momentanément le silence :

— Tu savais que dans les légendes grecques, on disait qu’avant de mener chaque soir son char dans la nuit, Séléné se baignait dans l’océan ?

Oui, je le savais, mais je la laissai me conter les mythes d’autrefois. Hécate, Artémis et Séléné se partageant les cycles lunaires ou encore l’amour fou de cette dernière pour le berger Endymion. Je connaissais certains des récits qu’elle me narrait, d’autres pas. Mais qu’importe. Sirotant ma coupe de champagne au son de sa voix légèrement rauque, je ne voyais vraiment pas ce que nous aurions pu faire de mieux. D’une légende à l’autre, le temps fila et bientôt minuit. Perchées sur notre dune, nous trinquâmes.

— À cette année qui devra être meilleure que les précédentes.

— Et à nous !

— Oui, à nous aussi, concédai-je.

Et le silence revint. Des bruits étouffés nous parvenaient du lointain mais ici, sur cette plage, nous demeurions seules. Sans doute la fraîcheur et la légère pluie y étaient pour quelque chose. Peut-être l’alcool commençait-il à me griser, à moins que ce ne fût Séléné qui m’ait donné des idées, ou alors en avais-je simplement envie, mais je m’entendis murmurer :

— Un bain de minuit, ça te tente ?

Malgré la pénombre, je la vis cligner plusieurs fois des yeux. Elle voulut s’assurer qu’elle avait bien entendu.

— Répète ?

J’obtempérai en détachant exagérément chacune des syllabes.

— Un bain de minuit, ça te tente ?

Elle passa nerveusement une main dans ses cheveux et tenta de déchiffrer mon visage. Comme si elle n’était pas parfaitement certaine que je ne sois pas en train de me moquer d’elle.

— Il fait à peine dix degrés et il pleut.

— Parfait, nous sommes déjà mouillées de toute façon.

Elle sourit devant mon enthousiasme improbable.

— Nous n’avons pas emporté de maillots de bain.

Je savais parfaitement que nous étions seules et que donc personne ne pouvait nous entendre, mais je vins quand même me pencher à son oreille pour lui susurrer ma réponse :

— Un bain de minuit, ça se fait sans rien justement.

— Je suis trop âgée pour ces bêtises, Sioban !

— Toi peut-être, mais moi pas ! Et je veux que tu m’accompagnes !

Je me levai aussitôt et lui saisis la main pour qu’elle se mette debout à son tour. Elle obtempéra sans aucune résistance : elle pouvait dire ce qu’elle voulait, je n’étais visiblement pas la seule à en avoir envie. »

Maryse – Tome 2