Maryse – Les anecdotes

Maryse – Les anecdotes

 

Dans l’imaginaire de beaucoup, un auteur est un être humain solitaire qui passe des heures seul devant son clavier ou ses feuilles, à écrire son prochain chef-d’œuvre. Éventuellement à la table d’un café sombre ou dans un bureau aux rideaux tirés. Parce que oui, a priori, un auteur craint la lumière et que l’imaginer en maillot de bain sur une plage à rédiger une scène de crime, ça ne fait pas sérieux.

Dans la réalité, c’est un peu différent. Et souvent beaucoup plus drôle. Nous vivons normalement (enfin plus ou moins), nous écrivons parfois dans des endroits improbables et certains ont même des amis ! (Enfin, c’est ce qu’ils racontent.)

Et puis surtout, il y a des moments moins glamours que la phase d’inspiration débordante. Il y a les pages blanches et les petits tracas du quotidien : l’imprimante qui n’a plus d’encre, le chapitre qu’on ne retrouve pas, la paperasse à laquelle on ne comprend rien, les bêta-lecteurs qui vous brisent le cœur et tout un tas d’autres choses.

Mais tout cela justement accompagne chaque processus de création. Et lorsque j’écrivais Maryse, j’ai eu droit à mon lot d’anecdotes ! Touchantes, amusantes, gênantes… Elles furent nombreuses et je les avais partagées à l’occasion de la sortie du livre.

Et aujourd’hui, je les regroupe ici.

 

 

    Anecdote numéro 1 :

Écrire un roman, c’est 50% d’inspiration et 200% de brouillons, de feuilles volantes et d’impression à faire pour trouver les fautes sans se massacrer les yeux sur l’ordinateur!

Et quand on débute, on cherche à limiter les frais et à trouver l’imprimeur le moins couteux! Chez moi, c’était celui de la fac où travaille mon père. Je lui ai donc confié le fichier des premiers chapitres de Maryse en lui demandant de me les imprimer.

Personne n’avait encore lu, et ça me convenait. Sauf qu’avant de me remettre les feuilles, il a décidé d’y jeter un coup d’oeil. En me déposant le manuscrit, il m’a ensuite simplement précisé: « C’est quoi ton truc? Un mélange entre Madame Bovary et 50 Nuances de Grey? »

À l’heure actuelle, je n’ai pas encore réussi à déterminer si je devais bien ou mal le prendre… Quoi qu’il en soit, si vous n’avez pas lu Maryse, je maintiens que je ne vois pas le rapport ! Je ne sais pas ce que mon père a lu, mais visiblement pas mon texte !

 

 

 

Anecdote numéro 2:

 

Pour un auteur, les bêta-lecteurs, c’est important. Et si on peut joindre l’utile à l’agréable, c’est encore mieux !

Dans mon cas, alors que je finissais la première scène câline de Maryse, j’étais moi-même totalement sous le charme d’une femme (plus âgée, ça a son importance pour la suite^^). Je lui ai donc demandé de faire partie de mes bêta, ce qu’elle a accepté sans hésiter.

Là où ce fut moins parfait, c’est lorsque je lui ai demandé, quelques jours plus tard, ce qu’elle en pensait. Elle m’a simplement précisé qu’elle n’avait pas encore lu. La raison ? Sa mère avait vu le tapuscrit et avait décidé de lui emprunter le livre.

Après un rapide calcul, j’ai estimé qu’elle devait avoir environ 75 ans, qu’elle serait donc la première femme à lire cette scène, et cela à la place de sa fille que j’essayais désespérément de séduire. Je crois qu’on appelle cela un échec cuisant !

 

Le bon côté, c’est qu’après être passée par différentes nuances du mot malaise, j’ai eu un merveilleux fou rire en découvrant un article de Reines de Coeur sur un souci de bêta lectrice également !

 

 

Anecdote numéro 3 :

Elle se résume en un chiffre!

 

65 (oui j’ai compté)

65, c’est le nombre de sms échangés avec ma correctrice principale pour une seule et malheureuse phrase sur laquelle nous n’étions pas d’accord!

Eh oui, le perfectionnisme (ou la folie?) n’a aucune limite!

 

 

 

Anecdote numéro 4:

Alors que je travaillais sur une scène centrale de Maryse, scène où cette dernière est ivre, moi qui ne bois jamais, j’ai alors été prise d’un doute sur la crédibilité. Et comme en cas de doutes, il faut faire des recherches… J’ai appelé un ami et lui ai très sérieusement posé cette question.

« Dis, si une nana s’est défoncée au Whisky et à l’herbe, tu penses qu’elle tient tout de même encore assez debout pour faire l’amour à une femme, dans une douche? »

Ce n’est qu’en m’entendant prononcer cela à voix haute que j’ai réalisé que la question était peut-être étrange! Notre amitié a survécu, mais nous n’oublierons pas ce moment !

 

Anecdote numéro 5:

On a tous lu ou entendu parler du fait que les auteurs faisaient des recherches. Je n’échappe pas à la règle. Pourtant, je n’avais pas forcément pris conscience de tout ce que ça impliquait.

Et puis un soir, j’ai voulu retrouver quelque chose à montrer à un ami, lu la veille. J’ai donc ouvert l’historique et là…. J’ai compris que ce n’était vraiment vraiment pas le moment de disparaître et que quelqu’un fouine mon ordi pour me retrouver.

Les dernières pages visitées étaient celles des alcooliques anonymes, de vente de Whisky, des risques pour la santé liés à l’alcool, des signes physiques de l’alcoolisme, de la dépression, des risques pour la vie professionnelle et diverses autres petites choses du même genre!

Dans le doute, j’ai tout de même effacé l’historique

 

Anecdote numéro 6 :

Parfois quand on écrit, on est un peu trop investi dans l’histoire. Et parfois, on va trop loin ou on s’égare sur la frontière réalité – imaginaire.

J’étais avec mon compagnon et nous venions de commander des glaces. En regardant la mienne, je me suis exclamée : « Il y a des éclats de cacahuètes, Maryse est allergique, faut pas que j’oublie, elle peut pas manger ça ! »

Il m’a demandé si c’était vraiment le moment et si je me rappelais qu’elle n’existait pas, ce qui impliquait donc que ce n’était sans doute pas si grave.

Je crois en effet que j’avais oublié.

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